Pourquoi écrire de la poésie ?
Pourquoi écrire de la poésie ? Peut-être parce qu’il existe des expériences, des sensations et des émotions que le langage ordinaire ne parvient pas toujours à contenir. La poésie permet alors de déplacer les mots, de les faire résonner autrement et de donner une forme à ce qui, jusque-là, cherchait encore sa voix. Écrire de la poésie n’est pas réservé aux poètes publiés ou aux spécialistes de la littérature. C’est aussi une manière d’observer le monde, de jouer avec la langue, de faire surgir des images et de transformer une expérience en rythme, en souffle et en parole.
Quand les mots deviennent un espace de transformation?
En début d’année, les vœux s’accumulent, le cas échéant, comme des formules toutes faites : santé, réussite, sérénité, et j’en passe.
Mais à L’Atelier d’Ailleurs à Marseille, ville de voix, ville de choix, ville de de passages et de renaissances, un autre vœu mérite d’être revendiqué : Celui de se reconstruire — par la parole poétique, l’énergie du souffle et le feu du rythme.
Se reconstruire après les silences imposés.
Après les phrases qui n’ont jamais été prononcées.
Et qui s’enlisent, le long de la gorge, s’enfument dans le temps ou perdus à force d’attendre le bon moment.
Et si la poésie redevenait cet acte vivifiant, ce geste transfigurant avant même son énonciation ?
Écrire pour transformer son expérience en langage
L’écriture que nous pratiquons ne se limite pas à raconter ce qui a été vécu. Elle cherche à incarner l’expérience, à lui donner un rythme, un souffle, une voix. Il ne s’agira nullement de se vanter, ni de se glorifier, mais de se reconnaître et se faire reconnaître, de faire entendre ce qui a été étouffé.
Écrire ainsi, c’est déjà se relever.
C’est déjà reprendre sa place.
C’est déjà agir sur soi et sur le monde.
Le philosophe John Austin a joliment formulé avec une simplicité « enfantinesque » notre postulat : « Quand dire, c’est faire. »
Dire je promets, c’est déjà promettre.
Dire je refuse, c’est déjà refuser.
Dire je prends la parole, c’est déjà sortir du silence.
Écrire, ici, ce n’est pas commenter sa vie après coup.
C’est entrer dans un mouvement où la parole transforme déjà la réalité.
Nommer l’épreuve, c’est commencer à la déplacer.
Dire je suis encore là, c’est déjà se tenir debout.
La poésie : un jeu entre le son, le sens et le rythme
Écrire un poème, c’est aussi découvrir que les mots ne disent pas seulement quelque chose : ils sonnent, respirent, se répondent et créent des images. Le rythme, les répétitions, les sonorités, les silences et les ruptures participent tous à la construction d’un texte. Une phrase ordinaire peut ainsi devenir poétique dès lors que l’on commence à déplacer les mots, à modifier leur ordre ou à écouter leur musique.
Comment commencer à écrire de la poésie ?
Il n’est pas nécessaire de maîtriser immédiatement la versification ou les formes classiques pour commencer à écrire de la poésie. On peut simplement partir d’une image, d’un souvenir, d’un lieu, d’un mot ou même d’une sensation. Voici quelques pistes simples :
- partir d’une image qui vous surprend ;
- décrire un lieu comme si vous le découvriez pour la première fois ;
- écouter les sonorités des mots ;
- jouer avec les répétitions et les associations inattendues ;
- laisser une place aux silences et aux blancs ;
- ne pas chercher immédiatement à tout expliquer.
Écrire de la poésie en atelier
La poésie se nourrit aussi de la rencontre. Écrire avec d’autres permet de découvrir des univers différents, de confronter les imaginaires et d’expérimenter des contraintes ou des formes auxquelles on n’aurait peut-être pas pensé seul. À L’Atelier d’Ailleurs, les ateliers d’écriture sont conçus comme des espaces d’expérimentation et de partage. Les Fragments poétiques proposent notamment d’explorer le rythme, les images, les sonorités et les multiples possibilités de l’écriture poétique. Que vous écriviez déjà ou que vous souhaitiez simplement découvrir une autre manière d’habiter la langue, la poésie peut devenir un espace de liberté où l’on cherche moins à bien écrire qu’à trouver une voix.
Dans nos ateliers de poésie à Marseille, l’écriture est d’abord abordée comme un acte performatif. Dans cette approche, notre poésie ne vise rien de décoratif. Elle englobe le beau dans le mal pour agir subtilement.
Trouver les mots qui ne se contentent pas de dire
En ce début d’année, le vœu que l’on pourrait alors se formuler est simple : trouver des mots qui ne se contentent pas de dire, mais qui ouvrent, déplacent et transforment. Et si une phrase suffit parfois à commencer un chemin, alors peut-être que la poésie commence précisément là : dans ce moment où l’on décide d’écouter ce qui cherche encore à être formulé. Le vœu est simple et exigeant à la fois :
Que vous trouviez les mots qui ne se contentent pas de dire, mais qui font.
Si vous sentez qu’un acte vous attend —
Et que cet acte commence peut-être par une phrase —
Alors, nos ateliers de poésie à Marseille illustrent peut-être le juste espace pour cela.
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